Le Lit de Mort



Merci à toutes d'être venues. Je suis heureux de toutes vous voir réunies, bien que vous devez toutes être plus intéressées par votre héritage que par moi. Je n'ai n'était qu'un bâtard au cœur de pierre pendant de nombreuses années, et même plus que vous ne le pensez. Je n'ose même pas imaginer que vous puissiez me pardonner pour ce que j'ai fais, je demande donc simplement que vous je me jugiez dans un contexte approprié. C'est pourquoi je vous ai appelé pour vous raconter ma vie et mes péchés, et pour vous expliquer pourquoi l'une d'entre vous va mourir avec moi.

Je suis né dans un village paumé dans le désert de l'Arizona. Pas même une poste; juste une école, un restaurant, et la dernière station service avant de prendre l'auto-route pour Las Vegas. La seule chose que j'avais étaient mes amis. Il n'y avait pas grand chose à faire, mais on s'amusait tellement que je ne me suis jamais inquiété du futur. Je me souviens d'une nuit, désespérés de faire n'importe quoi hormis nos devoirs, on est allé faire un cache-cache dans le cimetière. En dix secondes, on s'est tous dispersés. J'ai couru vers le fond du cimetière, passant à côté des tombes des pères fondateurs, jusqu'à arriver à un endroit où le temps avait effacé les noms sur les pierres. A la recherche de la cachette parfaite, je suis tombé par-dessus une tombe cassée, déchirant ma jambe. Je devais avoir laissé un demi-gallon de sang sur la pierre, mais ils ne m'ont jamais trouvé.

Quand la dernière sonnerie de l'école à retentit, mes amis se sont dispersés au vent -université, armée, tout pour fuir ce village. Mais avoir 18 ans m'a pris par surprise. Je me suis retrouvé à travailler à la station service, regardant passer les voitures, dont les passagers riaient aux éclats, se dirigeant vers des lieux que je n'avais jamais vu.

Les mois se sont écoulés. La cloche a sonné pour la énième fois, et je suis sortie pour remplir une énième voiture. Celle-ci était une Corvette, jaune canari, qui brillait comme un bonbon dans son emballage. Derrière la vitre il y avait une jeune femme, dans un haut militaire et avec des lunettes de soleil aviateur. J'ai frotté son pare-brise et j'ai dit "Amusez-vous bien à Las Vegas". 

Elle sourit, la lumière du soleil se reflétant sur ses lunettes.

"En fait, mon père et moi venons d’emménager ici. Je vais travailler au restaurant au bord de la route. Au passage, je m'appelle Rosa." 

Elle m'a tendu quelques billets froissés, et à onduler ses doigts pour dire au revoir. Alors que je regardais son vernis, je réalisais que je ne lui avais pas dit mon nom à moi.

Après ça j'ai mangé chaque midi à sa table, essayant de me détendre et de me présenter, pour l'inviter à sortir avec moi. Je mangeais lentement, espérant trouver mes mots avant d'avoir fini mon dessert. Ce qui m'a pris 6 mois! Enfin, elle avait accepté de partager son prochain repas avec moi. Merci Dieu qu'elle ait dit oui. Je n'en pouvais plus des tartes à la rhubarbe. Mais où l'emmener? Le seul endroit où aller ici était ce restaurant là! On a fini par faire un pique-nique dans le champ à côté du cimetière. Ça pouvait sembler morbide, mais c'était le désert. Il n'y avait pas beaucoup d'endroits avec de l'herbe verte. Elle a ramené quelques crêpes et moi j'avais pris une bouteille de vin. On a échangé des sourires gênés, et on a regardé les brins d'herbe danser au vent, jusqu'à ce que le vin fasse son effet. Elle m'a raconté son enfance au Nouveau Mexique, ses animaux de compagnie, ses plans pour l'université. Je l'ai surtout écouté, parce que la seule chose que je pouvais dire était "Je me sens seul".

On a passé les 3 mois suivants dans les bras l'un de l'autre. Sa gentillesse et ses rires avaient repoussé les ténèbres qui entouraient mon cœur. Cette femme pouvait me sauver. Elle pouvait être mon oasis. Un soir, j'avais dépensé tout mon argent dans une bague qui j'espérais pourrait la faire mienne. J'ai conduit jusqu'à son appartement, bien trop excité, faisant beaucoup d’excès de vitesse. Le vent se levait, annonçant une tornade d’été. J'ai conduis sous la pluie pendant des kilomètres jusqu'à ce que j'aperçoive le cimetière, tapi dans le noir. J'ai toujours détesté cette courbe. Le monde a explosé dans la douleur. J'avais glissé, m'écrasant dans la barrière, et la branche d'un orme avait transpercé ma poitrine. Tout n'était plus que sang et tombes brisées. Je ne pourrai plus jamais voir le doux visage de Rosa. Ma joie était partie en fumée. Désespéré d'échapper à ce destin, j'ai appelé à l'aide. "Tout ce que vous voudrez! Sauvez-moi, laissez-moi vivre une longue vie à ses côtés...". Le silence.

Quelque chose m'a touché le bras. Une voix qui sonnait comme le cri d'un corbeau a résonné.

"Un enfant arrachera les ailes d'une mouche et rira. Ta souffrance compte si peu pour moi."

"Mon Dieu..." C'était pire que mourir seul. J'avais été trouvé par quelque chose qui allait me regarder mourir en souriant.

J'ai dit: "Esprit, n'ai-je donc rien à t'offrir? Pas même mon âme?"

"Qu'est-ce qui te fait croire que ces choses là existent?"

Un souffle chaud et putride caressa mon visage. "Je me promène d'Est en Ouest, dévorant ceux qui entendent ma voix. Je vole l'espoir des mains de leurs amants. Pourquoi devrais-tu la revoir, alors que mon unique compagnon est le désespoir?"

C'était l'agonie. J'avais enfin trouvé une signification, un objectif, et un accident m'avait tout arraché. Je devais sacrifier n'importe quoi pour les retrouver.

"Prend un de mes petits-enfants pour toi."

"Tu vivras jusqu'à 99 ans avec Rosa, mais je devrai prendre la petite-fille que tu préfères. Je signerai mon nom dans leur chair, et ils rejoindront mon éternelle errance."

Le rire de cette chose me hante encore. "Les jetteras-tu dans les ténèbres? Choisis vite! J'ai faim!" J'ai dit oui. Que Dieu me punisse, j'ai dis oui! Ma vision a commencé à se brouiller. Le sale menteur! Je mourrai! Une faute, le vent violent, et quelque chose comme un battement d'aile. J'ai ouvert les yeux à l'hôpital. Rosa était à mes côtés, sonnant la cloche et pleurant. J'ai touché ma poitrine. Pas de plaie, mais tous les poils de mon corps avaient été brûlés. Plusieurs mois plus tard, elle voulait un enfant. J'ai refusé au début, mais je ne pouvais pas la voir malheureuse, ni la voir partir. Un enfant, puis deux, puis trois, puis quatre.

J'ai fais de mon mieux pour qu'ils ne trouvent jamais l'amour. Je les ai enfermés dans leur chambre, dans le sous-sol, menacé leurs petit-amis avec un couteau. Ils m'ont fuis, se sont éparpillés et ont eu des enfants à leur tour. J'ai passé des années à amortir mon cœur, à ne jamais rien ressentir pour vous les filles, mais j'ai échoué. Et aujourd'hui, à nouveau, la vie me quitte; Vite, cherchez sur vos corps! Vous saurez que le démon vous a choisit grâce à la marque de-



Auteur : M. Anon


Source Histoire :  https://creepypasta.fandom.com/wiki/Deathbed_Table



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